lundi 17 janvier 2011

Test du AR Drone Parrot

Parrot, société française fondée depuis 1994, s'était spécialisée dans le matériel électronique et les systèmes audio embarqués. Depuis, la société s'est diversifiée et apporte une nouveauté qu'aucun constructeur n'a réussi à faire jusqu'à aujourd'hui : rendre accessible l'aéromodélisme à tous les possesseurs d'iPhone !


C'est au CES 2010 de Las Vegas, qu'a été présenté le fameux quadricoptère AR.Drone Parrot, qui était encore à l'état de prototype et malheureusement interdit de Wifi à ce moment là. Dommage pour la présentation, qui a dû se dérouler dans un enclos fermé, sans démonstration de pilotage.

Annoncé pour cet été, l'AR.Drone est finalement sorti le 18 août de cette année, dans la plupart des FNAC de France. Acheté le jour même, nous avons testé le Drone en bons geek que nous sommes pour nous en faire notre propre idée. Initialement prévu pour fin d'août, le test a été repoussé jusqu'à ce jour suite à certains problèmes inattendus. Notre jouet n'ayant survécu qu'une semaine, nous sommes rentré en contact avec Parrot pour connaitre les raisons des bugs rencontrés et usures prématurées.

Voici donc le test du AR.Drone Parrot, un aperçu de ce jouet réservé aux possesseurs d'iPod, d'iPhone et maintenant d'iPad !


Prise en main et utilisation du drone

La boite contient le Drone et ses accessoires, à savoir une carène d'intérieur et une carène d'extérieur, un chargeur de batterie, la batterie LiPo et un guide d'utilisation. Pas de télécommande, simplement une application disponible sur l'App Store pour trouver le logiciel de pilotage AR.FreeFlight. En le retournant, le carton de la boite sert également de zone de décollage ou d'atterrissage, intéressant pour apprendre à décoller et reposer l'engin au bon endroit.



En premier lieu, il faut charger la batterie pendant 3h, le temps de feuilleter le manuel et de faire les mises à jours Firmware, ce qui est fortement recommandé par le constructeur :

http://ardrone.parrot.com/parrot-ar-drone/fr/support/update



Après avoir installé l'application sur notre iPhone de test, nous l'essayons en intérieur avec la carène renforcée pour éviter de l'endommager. Au démarrage de l'application, il faut synchroniser le drone en Wifi, n'oubliez donc pas de l'activer AVANT de lancer l'application. Une fois synchronisé, l'interface apparait avec le retour vidéo de la caméra frontale, les joysticks virtuels et les boutons de décollage/atterrissage, de changement de caméra, de configuration et d'arrêt d'urgence. Dans les options de configuration, c'est un peu fouillis, beaucoup de paramétrages sont ajoutés les uns en dessous des autres en anglais et sans description.

Dans un vacarme et souffle monstrueux, le drone décolle et se stabilise dans les airs. Pour quelques temps seulement, car à peine dirigé vers l'openspace du bureau, on reçoit des messages d'alertes d'ultrasons venant parasiter le contrôle du drone. Et c'est la que commence le drame, enchainant crash sur crash, l'appareil devient difficilement maitrisable, entre interférences électroniques et les turbulences créées par le vortex d'air.

Conseil d'utilisation à l'intérieur : nous vous recommandons fortement d'utiliser le drone dans un endroit loin des interférences et spacieux (dommage pour les étudiants vivant dans un 15m carré...).

La prise en main est assez facile d'approche, mais requiert beaucoup d'entrainement pour apprendre le comportement du drone, maitriser l'inertie, paramétrer la sensibilité. Tout ça n'est pas simple avec 15 minutes d'autonomie et 3h de cycle de charge.



Après quelques essais (et crash...) l'appel de l'extérieur s'est fait sentir. Décollage depuis le salon, c'est par la fenêtre du deuxième étage de notre immeuble que le drone fait sa sortie. Un nouveau facteur entre en compte : le vent. Aussitôt sorti, le drone est aspiré et projeté dans la direction du vent, impossible de le rattraper à contre sens !

Conseil pour l'utilisation à l'extérieur : mettre la carène extérieur pour limiter la force des effets du vent, et passer en mode "extérieur" dans les paramétrage. En fonction de la force du vent (même à peine perceptible), ajuster le "pitch" pour accentuer l'inclinaison et compenser les effets.

Évidemment, les gens de passages sont étonnés et s'arrêtent pour regarder l'OVNI dans la rue, poursuivi par un caméraman sans télécommande. Voici la petite vidéo, après plusieurs essais de stabilisation, de la démo en extérieur :




Résultats

Après quelques jours de test, à raison d'1/4 d'heure par jours, nos impressions sont quelques peu mitigées. D'abord, la qualité des matériaux utilisés, bien qu'il soit de conception française, la carène d'intérieur est fragile et se craquèle. Voici le résultat d'une dizaine de chutes à plus ou moins 1 mètre de hauteur :



La souplesse des matériaux font se déformer l'ensemble des éléments, les hélices percutant alors l'intérieur des cercles. Cela entraine une coupure des moteurs par le système de sécurité. Dès qu'une hélice est bloquée, tout s'arrête pour prévenir des dégâts ; pratique, mais pas sans danger, puisqu'à chaque fois le drone se laisser tomber brutalement. Pas forcément rassurant pour la batterie LiPo connue pour ceux qui connaissent ses propriétés "instable".


Constats

Robuste dans l'ensemble, le drone peut résister à des chutes de plusieurs mètres, du moment qu'il soit parfaitement à l'horizontal. C'est d'ailleurs un point faible de la conception, certains endroits sont très fragiles et ne manqueront pas de se casser rapidement. Une boutique d'éléments de remplacements est déjà en ligne, ce qui montre bien que la casse est à prévoir...

Autre point que nous regrettons, l'exclusivité pour terminaux Apple. Utilisant le Wifi pour générer un "hotspot" auquel on se connecte avec son iPhone/iPad/iPod pour le contrôler, il aurait été agréable de pouvoir le piloter avec un smartphone ou tablette Android en guise de manette. Hélas, selon Parrot, cela n'est pas possible car Android limite l'utilisation Wifi, raison pour laquelle rien n'a encore été développé. L'ingénieur en charge du projet est resté vague quant à un portage futur vers Android.



Petite déception également sur l'évolution du produit et de son logiciel, qui restera très limité. La réponse du responsable du projet est clair : "c'est produit fini et simple, un quadricoptère et son logiciel pour le piloter, point." Même si un second logiciel de réalité augmentée devrait voir bientôt le jour (prévu pour septembre 2010), il ne sera vraisemblablement jamais possible d'apporter des fonctions comme enregistrer ses vidéos de vols ou prendre des photos. Une version "HD" du logiciel AR.FreeFlight pour iPad est en projet, mais rien de concret encore.

Côté positif, Parrot a mis à disposition des développeurs son API, téléchargeable gratuitement ici : http://projects.ardrone.org/. Une application permettant la capture de vidéo est déjà disponible sur l'App Store d'ailleurs.


Conclusion

Au final, l'AR.Drone Parrot est un jouet sympathique et original, et si vous voulez vraiment faire plaisir à un geek à Noël, n'hésitez pas à lui offrir le combo AR.Drone + iPad (ou iPod Touch). Mais gardez à l'esprit que c'est un jouet pour adulte - sans ambiguïté - qu'il faut savoir maitriser pour ne pas l'endommager trop vite.

L'autonomie et l'utilisation obligatoire d'un terminal mobile Apple sont des freins à sa démocratisation, d'autant plus qu'il n'est pas à mettre entre toutes les mains vu son prix et sa fragilité.

On souhaiterait vraiment voir une évolution du concept, porté sur tous les smartphones et tablettes, car cette première version semble plus tenir d'un prototype qu'un produit fini pour M. tout le monde.

Points positifs :
- Utilisation de la réalité augmentée
- Manette originale (iPhone/iPod/iPad)
- Coques interchangeables
- C'est un joujou français !
- Inutile mais indispensable

Points négatifs :
- Autonomie trop courte (15 minutes)
- Certaines parties fragiles
- Instable par moment
- Application limitée au pilotage
- Pas de portage sur Android

L'AR.Drone de Parrot : un jouet pour adultes ?

Parrot a présenté hier soir son AR.Drone, un quadricoptère pilotable via l'iPhone ou l'iPod touch grâce à une connexion WiFi ad-hoc.

Léger – 400 grammes en mode intérieur, 360 grammes en mode extérieur – et d'une taille d'environ 50 centimètres, l'AR.Drone intègre deux caméras : l'une frontale, VGA et grand angle, de 640 x 480 pixels, qui permet de voir ce qu'il se passe à l'avant de l'appareil, et l'autre verticale, QCIF, d'une résolution de 176 x 144 pixels, qui permet de visionner ce qui se passe en-dessous. La vidéo est envoyée en streaming à l'iPhone ou à l'iPod touch : ces derniers intègrent alors des commandes tactiles qui permettent de piloter l'AR.Drone.

Un jouet de luxe

L'AR.Drone a été présenté par le PDG de Parrot Henri Seydoux comme étant la réunion du jeu vidéo et des modèles radiocommandés. Capable selon lui d'être piloté de façon intuitive par un enfant de 10 ans, le Drone serait alors un jouet accessible à tous.

Un jouet, peut-être, mais à 299 euros l'objet, il ne sera clairement pas accessible à tous : d'autant que si l'AR.Drone s'avère agréable et amusant à piloter, son principal intérêt vient de sa partie « jeu vidéo » : parmi les applications proposées au lancement de l'appareil, on trouvera en effet sur l'App Store des jeux exploitant la réalité augmentée proposant d'opposer deux AR.Drones dans des combats aériens virtuels. Des interactions qui nécessitent bien évidemment de posséder deux Drones et deux périphériques de commande, ce qui gonfle la note de façon conséquente. D'autres applications exploiteront néanmoins l'aspect « solo » de l'objet, mais l'intérêt apparaît rapidement limité, du moins pour le moment.

Des performances réelles…

AR.Drone extérieur
Reste que l'AR.Drone est un objet absolument unique dans son genre, que l'on pourrait presque qualifier d'OVNI : ses 4 moteurs brushless (moteurs sans balais, à aimants) font tourner ses hélices à une vitesse de 4000 tours par minutes, et sa centrale inertielle composée de puces MEMS offre au Drone une stabilité sans faille, avec une portée estimée à 50 mètres. S'il perd le signal WiFi, le Drone descend alors doucement par paliers d'un mètre, jusqu'à toucher le sol.

L'appareil est par ailleurs fourni avec deux coques : l'une dédiée à un usage intérieur intégrant des protections pour les hélices, et l'autre, consacrée à une utilisation extérieure, misant sur l'aérodynamisme de l'objet : Parrot assure d'ailleurs que l'appareil peut rester stable malgré un vent de 15 km/h.

…Et quelques défauts

Concernant son utilisation en intérieur, on émettra néanmoins quelques doutes quant à l'aspect praticable de la chose, à moins de disposer d'une pièce vide de tous objets précieux : car si le Drone s'avère résistant aux chocs, ce n'est pas nécessairement le cas de ce qu'il peut croiser sur son passage. Avis aux parents et aux kamikazes ménagers...
AR.Drone vu du dessous


Autres points à prendre en compte : les 4 hélices produisent un vent conséquent et un bruit non négligeable. Ce dernier ne vous manquera pas au bout des 12 minutes d'autonomie de la machine : il faudra alors 90 minutes pour recharger la batterie à bloc.

Enfin, question sécurité, les hélices de l'AR.Drone sont programmées pour s'arrêter complètement en cas de contact avec un corps étranger : l'appareil tombe alors à terre. Reste que mettre son doigt dans l'une des pales ne fait pas particulièrement du bien, et qu'un jeune utilisateur pourrait en garder un douloureux souvenir.

En somme, l'AR.Drone est un gadget de luxe présenté comme un jouet, mais qui séduira sans aucun doute principalement le public geek et les grands enfants désireux de voir le modélisme d'une autre façon. Il faut également espérer que des développeurs s'intéressent à cette nouvelle plateforme, et proposent des applications un peu plus variées que le simple jeu de bataille aérienne, et, idéalement, disponible sur d'autres smartphones que celui d'Apple : à ce titre, les API sont d'ores et déjà disponibles sur le site de Parrot.

L'AR.Drone sera quant à lui disponible en exclusivité à la Fnac dès le 18 août prochain.